AJ n°3 : Est-ce qu’acheter des DVD d’animés épuisés aide l’industrie ?

Ask John : Est-ce qu’acheter des DVD d’animés épuisés aide l’industrie ? (traduction d’un billet du 23 Janvier 2012)

Question : Est-ce qu’acheter d’anciens animés provenant d’éditeurs disparus ou en inactivités (comme CPM ou Animego – trad : Nous abvideo) aide l’industrie de l’animation japonaise ? J’aimerais savoir si acheter de tels DVDs fait vivre le marché américain d’une quelconque manière bien qu’ils proviennent d’une compagnie qui n’est plus vraiment sur le marché. Surtout à notre époque où il est facile de se contenter de télécharger tout ce que l’on désir, est-ce que ce n’est que par l’achat des dernières sorties de sociétés encore en place à l’heure actuelle que l’on peut faire en sorte que le marché de l’anime reste en vie ?
Réponse :
En fait, l’endroit où les consommateurs achètent leurs animé est tout aussi important, voir plus, que le titre de l’anime lui-même. Concrètement, la collection de DVD qui ne sont plus distribués ne supporte que peu l’industrie de l’animation. Les éditeurs ont récupéré le plus gros des revenus de ces DVD depuis longtemps déjà, l’achat du DVD n’enrichit en fait que le revendeur. Mais le fait d’acheter des DVD l’encourage à maintenir son stock, voir même à se fournir d’autres DVD des éditeurs encore en activité. Le simple fait d’acheter des DVDs – quels qu’ils soient – chez des distributeurs fournit à ces compagnies la preuve que la demande d’anime est toujours présente. Même si l’achat de DVDs épuisés ne contribue par directement à l’ensemble des compagnies ayant travaillées dessus, il motive tout de même les revendeurs à ne pas ignorer ou exclure les animes proposés actuellement par les éditeurs toujours actifs.

Évidemment, l’achat des dernières sorties est ce qui donne le plus de profit à l’industrie de l’anime. Généralement, les éditeurs américains livrent un paquet de nouveaux DVDs d’anime chez un grossiste, qui lui va revendre une partie chez des revendeurs. Quand les DVDs ont été vendus, l’éditeur reçoit l’ensemble des revenus de la vente des disques plus des royalties pour chaque volume vendu, habituellement 90 jours après la date de parution annoncée officiellement. Généralement les petits fournisseurs se fournissent chez un grossiste et gardent l’ensemble de leur stock jusqu’à qu’il se soit écoulé. Les plus gros revendeurs comme Best Buy ou Wal-mart ont assez d’influence et de poids pour forcer les grossistes à reprendre les DVDs invendus après 90 jours. Si le grossiste reçoit un trop gros retour de produits, qui sont alors invendus, il peut éventuellement les redonner à l’éditeur à la place de leur rétribution. Les éditeurs comme Viz, FUNanimation ou Media Blaster attendent donc patiemment 90 jours après la date officielle et espèrent recevoir l’argent des ventes de DVDs et non des DVDs invendus.

L’achat de nouveautés fait que le revendeur est content de sa vente, permet d’éviter le retour de DVD invendu au grossiste, et fait vivre les éditeurs. Acheter des anciens DVDs permet de faire vivre les petits fournisseurs spécialisés et leurs permet de couvrir leur frais, afin qu’ils puissent acheter de nouveaux DVDs. Se procurer des anciens DVDs chez les gros concessionnaires ne contribue absolument pas à l’industrie de l’animation japonaise, mais leurs montrent que l’animation se vend toujours, et les encourage ainsi à continuer à stocker les derniers animes. L’achat de DVDs à partir d’autres fans, par exemple sur Ebay, n’apporte en aucune façon une réelle contribution à cette industrie, mais heureusement les fans qui achètent des DVDs chez d’autres fans sont pour la plupart aussi suffisamment dévoués pour acheter des nouveaux DVDs chez des revendeurs officiels.

En conclusion, acheter les derniers DVDs ou Blu-ray disponibles est la manière la plus efficace de supporter et de faire vivre l’industrie de l’animation. Mais l’achat légal de n’importe quelque DVDs, quelque soit la manière, est d’une plus grande aide à cette industrie que le fait de ne rien acheter du tout. Après tout, si personne n’achetait des DVDs, il n’y aurait pas de raison d’en réaliser et d’en mettre à distribution. Concrètement et en toute logique, il vaut mieux faire quelque chose que ne rien faire.

4 Responses to “AJ n°3 : Est-ce qu’acheter des DVD d’animés épuisés aide l’industrie ?”


  • La question est mal posée : un acheteur n’a pas à faire copain-copain avec un éditeur. Acheter des DVD d’anime oui – c’est même recommandé pour les amateurs du genre, et au moins c’est légal – mais ce qui compte, ce sont moins les DVD eux-mêmes que l’anime qu’il y a dessus. A partir de là, si au moins les DVD sont eux-aussi légaux (*keuf* Goldorak), qu’importe si c’est de l’occasion ou pas, d’un éditeur décédé ou pas.

  • Je ne pense pas qu’il s’agisse de faire copain-copain, mais simplement de faire vivre une industrie qui nous propose des animés qui nous intéressent.

  • Je viens d’acheter les 5 tomes de Devilman sortis chez Dybex il y a environ une dizaine d’années. Si je les acquis, c’est parce que je les voulais ; je ne me suis à aucun moment interrogé sur les conséquences de l’achat d’un manga d’occasion, qui est plus publié par un éditeur décédé (pour sa filière manga).
    Pour les animes, c’est exactement le même combat ; si d’aventure je trouve les DVD américains de Nadia et le Secret de l’Eau Bleue à prix correct au hasard de mes pérégrinations, je vais probablement les prendre tout en sachant qu’aucun éditeur ne pourra en profiter… Sauf si Kaze sort les DVD avant, bien entendu.

    Acheter des animes pour soutenir une entreprise, cela m’est arrivé une seule fois. C’était au lancement de Black Bones. Je connaissais une partie de leur équipe, et je savais qu’ils proposaient ces titres-là non pas pour leur potentiel commercial, mais car ils les appréciaient et pensaient réussir à les imposer. Je n’ai pas été déçu, loin de là. Depuis, ils ont compris qu’ils ne survivraient pas ainsi, ont changé de politique, et je ne prends presque plus rien chez Black Bones/Box.

    Et ce qui est valable pour un anime l’est aussi pour un film. Là, je viens d’acquérir Au-delà de la Gloire, Aguirre la Colère de Dieu, et La Bataille d’Alger ; se faisant, j’ai pris en compte mon appréciation de ces œuvres, leur prix, et leur disponibilité sur amazon, le reste est superflu.
    Tu achètes des DVD pour ce qu’il y a dessus, sinon autant acheter des DVD vierges. Je ne dis pas que je me contrefiche de la santé financière des éditeurs d’anime, juste que celle-ci ne rentre pas en compte lorsque je m’offre des DVD d’anime, neufs ou d’occasion, d’import ou non…

  • Avis partagé, cependant je voulais juste faire la distinction entre une préoccupation (bien que non prioritaire dans l’achat des animés) de l’industrie de l’animation et la volonté de faire copain-copain comme tu dis.

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