Le mois dernier j’avais parlé du premier épisode du projet Anime Mirai (futur de l’animation) de la Janica de 2011 avec Buta de Kazuhide Tomonaga, aujourd’hui on enchaîne avec le second épisode sur quatre et plus précisément celui de Toshihisa Kaiya : Wasurenagumo.

Et cette fois-ci c’est le célèbre studio Production I.G qui est aux commandes avec Toshihisa Kaiya en tant que réalisateur. Né en 1967, il commence sa carrière dans le studio Asia-Do en tant qu’intervalliste, avant de devenir animateur clé sur la série Moeru ! Oniisan puis directeur de l’animation en 93 sur Miracle Girls. Il devient ensuite freelance et travaillera pas mal en tant qu’animateur clé (sur Mind Game par exemple), mais essentiellement chez Production I.G sur notamment Jin-Roh, Ghost in the Shell ainsi que IGPX où il sera directeur de l’animation mais s’occupera aussi du chara-design. Il faut comprendre que le producteur de IGPX, Hidezaku Terakawa, est la personne qui lui a proposé le poste dans la série, et qui se retrouve être le producteur pour Wasurenagumo. La relation entre les deux personnes semble être assez forte et il est fort à parier que Toshihisa Kaiya travaillera de nouveau au sein du studio I.G, sûrement en tant que réalisateur.
Un libraire trouve un ancien livre narrant comment un prêtre a réussi à repousser l’attaque d’un monstre à la forme d’araignée. Suzuri, jeune lycéenne et proche du libraire ouvre le livre et brise le sceau, libérant ainsi une jeune fille mi humaine, mi araignée. Il est alors question de comprendre ce qu’elle est et ce qu’ils doivent faire d’elle.

Toshihisa Kaiya est un féru d’histoire d’horreur et la création de cet épisode aurait démarré à partir d’une simple illustration tirée d’un doujin. Le personnage dessiné était une princesse mi humaine mi insecte. Si dans l’épisode on parle d’un personnage aux pattes d’araignée, le personnage de base possédait la morphologie d’un cafard. Cependant, il semble que le producteur ait réussi à faire changer d’avis Toshihisa Kaiya. L’idée suivante fut de lui donner un air mignon couplé à sa partie animale, ce travail fut confier au character designer Hideki Takahashi. L’aspect important de la série, du moins pour le réalisateur, semble être vraiment autour de ce personnage où le travail de Takahashi a été prédominant. Il fallait qu’il semble à la fois dangereux mais aussi mignon, amicale. Il est vrai que l’ambiguïté est assez présente au final dans l’épisode, bien que l’on s’imagine assez bien ce qu’il en ressort.

Visuellement le travail réalisé est d’assez bonne facture, bien que la première et la seconde moitié ne soient pas du même ressort. La seconde moitié de l’épisode possède une ambiance plus sombre et une animation plus peaufinée, certaines séquences sont même très bien foutues et mériteraient de paraître dans une sakuga MAD. Le qualité de la réalisation vient aussi de certains plans, notamment avec des cadrages inhabituels (par exemple avec une vue en contre plongée). Certains décors sont aussi travaillés bien que le travail ne soit pas du niveau de Buta par exemple.
Sur le fond on passe un bon moment, le court est bien géré et bien que comme tous les épisodes uniques du genre, le réalisateur ne peut pas développer comme on le voudrait les personnages, on apprécie assez bien les différents protagonistes. Comme dit avant, le travail semble s’être focalisé plus spécialement sur la petite fille, mais j’ai bien plus apprécié Suzuri qui dégage une vraie sincérité.
Le dénouement est aussi important et c’est assez intéressant de voir que le réalisateur a voulu donner un véritable sens à chaque point de son épisode et surprendre le spectateur, ce qui est une très bonne chose pour un projet comme celui-ci. Ce serait sympa de voir si Toshihisa Kaiya arriverait à faire de même pour une série entière où son effet serait ainsi décuplé. Le mélange moderne/fantaisie est aussi intéressant, il aurait (mais sur le coup je ne suis pas sûr) puiser dans des contes de Toriyama Sekien et plus particulièrement dans Cortège nocturne des cents démons.
Au final c’est une assez bonne surprise, j’en attendais pas mal de ce réalisateur et de ce que pouvait apporter le studio à celui-ci et le résultat n’est pas trop mal. Ce second épisode peut sembler trop classique pour certains mais je trouve qu’il est d’un niveau très correct et ne fera pas défaut face aux autres productions, du moins à Buta.

Comme je sais que la majorité de mon lectorat (et vous êtes des milliers) parle japonais, il semble que les réalisateurs de cette saison du projet est fait une conférence à Okinawa, et qui est disponible sur Ustream (le réalisateur de Wasurenagumo est le deuxième en partant de la gauche il me semble). Une interview en japonais de Toshihisa Kaiya concernant ce court est aussi disponible sur le site du studio Production I.G, avec quelques storyboard et images de production.
Sources : La page associée sur IG Prod. – L’interview de Toshihisa Kaiya après IGPX sur productionig.com – Sakugawiki – ANN




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