Nadesico : This is not simple anime

Martian Sucessor Nadesico est un animé plutôt déroutant, qui mine de rien cache en fait pas mal de richesses. Souvent catalogué comme mécha comique à tendance dramatique lunatique, cette série de Tatsuo Sato possède quand même des qualités originales. Au final j’ai plutôt aimé cette série, puis le réalisateur est un mec cool :

If you could collaborate with another great director in the anime scene, like you did with Masaaki Yuasa in Cat Soup, who would you like to work with ?
Yuasa is a guy who entered the anime industry at the same time as me, so he is like a close duplicate of mine, so I know his greatness. Well it will be rude to say it like this to him, but I was interested in “ what if I make anime based on him ? ” so I did it. This type of person is rare; although I have some people that I’d like to work with, it is rare for me to create works with that in mind.

Source : Tatsuo Sato Press Conference Transcript


Nadesico fait partie de ces séries qui s’adressent plus particulièrement aux amateurs d’animation, quitte à perde une partie de son public. Le fan de robot sera alors brossé dans le sens du poil, à coup de fortes allusions et parodies méchaphiles. Dans le genre il faut avouer que le pari est plutôt réussi tout au long de la série, surtout qu’elle joue sur deux points d’apparence identique mais qui sont pourtant assez différents.

D’abord la dérision du genre et de son public a un aspect purement comique, c’est le point le plus indéniable. Sans pour être un amateur de giant robot, j’ai quand même bien rigolé lors des multiples moments avec Gekiganger III, la série que matte le héros à de nombreuses reprises. L’épisode où il parodie la série originale de Macross m’a aussi vraiment fait rire par exemple. Il est certains que pour apprécier pleinement ces moments, il faut connaître les différentes allusions. Cependant ce n’est pas une nécessite absolue non plus, tout comme on peut apprécier Gurren Lagann sans entrevoir les analogies avec Gunbuster. J’ai d’ailleurs beaucoup aimé Nadesico alors que je n’ai sûrement pas compris la moitié des références proposées.

Là où la série devient doublement intéressante, c’est qu’elle utilise cette forme d’humour pour enrichir de manière bien plus sérieuse ça propre consistance. Dire que Nadesico est seulement une série à l’humour parfois étrange où des robots se tapent occasionnellement sur la gueule, c’est faux. Le héros soulève quelques questions qui touchent le fond de toutes séries du genre : Akito ne se retrouve pas du jour au lendemain avec une mission divine. Il se pose donc les questions les plus humaines qu’il soit, comme son désir réel de combattre ou ses différentes motivations au fur et à mesure des épisodes. Le speech narré par Ruri sous une bande sonore lourde au début de chaque épisode rajoute d’ailleurs du crédit à cette idée.  La série aborde ainsi le genre avec un contre pied intéressant : Akito se fait poutrer en ne sachant pas manipuler le robot dans les premiers épisodes. Cet aspect est malheureusement beaucoup trop assombri par l’humour (bien que très bon aussi) de la série.

Ceci dit, il faut aussi parler de la série dans sa globalité. Visuellement et pour avoir vu la série en qualité blue-ray, elle est vraiment très bien foutue autant dans sa réalisation que dans son animation. Les différents combats bien que ne représentant pas la force vive de la série, restent dynamiques et très sympathiques avec même quelques débuts d’Itano circus à certains moments. J’ai trouvé l’histoire très inspirée des productions des années 90′, et plus spécialement dans son développement au milieu de série : Des hommes qui se battent contre des anciens colons, où l’art de se battre contre soi-même reste une thématiques propres aux animés  (méchas) de cette époque je trouve. La série possède un humour très japonais tourné autour de ces personnages, il sera difficile d’apprécier la série en étant allergique au caractère excentrique de Yurika. Néanmoins je pense que c’est un choix clairement assumé de but en blanc par le staff, les différentes étapes de la série sont clairement orientées pour un public qui accepte ce qu’ils nous proposent. Elle possède une certaine personnalité, ce qui en fait à la fois son charme et son défaut et se rajoute à ce groupe déjà très nombreux d’animé ayant une approche très dichotomique avec son public : On aime ou on aime pas. Le film associé, The Prince of Darkness, apporte quelque chose de très intéressant car il démontre ce qu’aurait été la série sans l’humour bulldozer de la série. Tatsuo Sato avoue d’ailleurs lui-même avoir voulu réaliser un film plus sérieux. Personnellement j’ai trouvé que c’est une réussite, en montrant par la même occasion qu’au delà de son aspect premier la série a réussi à construire au final un univers original et capable de poser une assez bonne intrigue. Par contre le final est nul. Et sur le coup je n’ai pas peur de le surligner. Non mais sérieusement, j’espère n’avoir pas été le seul ayant eu cette sensation que l’on a tout simplement couper toute une partie de la conclusion du film. Il s’agit d’une restriction budgétaire soudaine ? Je serais même pas si étonné si c’était vraiment le cas.

De manière générale j’ai passé un bon moment à regarder cette série, je ne lui accorde pas toute l’importance que certains lui donnent, cependant je ne peux pas nier qu’elle aborde des qualités et un recul assez bien calculé. Encore faut-il apprécier l’ensemble de ce que propose Nadesico, car la série touche en fait beaucoup de chose à la fois, et de manière très différente.

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